Naturopathie · Micronutrition
Dès que le thermomètre grimpe, on entend partout le même conseil, boire de l’eau. C’est vrai, mais incomplet. Ce que le corps perd en transpirant, ce n’est pas seulement de l’eau, ce sont aussi des minéraux dont il a besoin pour que les muscles, le cœur et le système nerveux continuent de fonctionner normalement.
Boire beaucoup d’eau plate sans jamais penser au sel peut même diluer le sodium du sang et fatiguer davantage plutôt que soulager. Voyons d’où viennent ces pertes, et ce qu’on peut vraiment faire pour compenser.
Ce que la sueur emporte avec elle
Quand il fait chaud, la transpiration est le principal mécanisme de refroidissement du corps. Elle peut représenter, en période de canicule, une perte de 0,5 à 1,5 litre par heure selon l’intensité de l’exposition. Le sodium est l’électrolyte perdu en plus grande quantité dans la sueur, suivi du potassium et du magnésium.
Boire uniquement de l’eau, en grande quantité et sur une période prolongée de forte chaleur, peut diluer le sodium sanguin et provoquer une hyponatrémie, un trouble qui se manifeste par confusion, nausées et, dans les cas sévères, des convulsions. Ce risque est documenté par les sociétés savantes du sport et repris par les autorités de santé.
Le bon sens qui en découle : l’objectif n’est pas seulement de boire plus, mais de boire et de maintenir un apport minimal en sodium, via l’alimentation, un peu de sel dans les plats, ou un bouillon léger.
L’eau de coco, un bon allié mais pas une solution complète
L’eau de coco a une réputation d’isotonique naturel. Elle est effectivement une bonne source de potassium et se boit facilement, ce qui en fait une option agréable pour s’hydrater au quotidien ou après un effort modéré.
Sa teneur en sodium reste faible, bien en dessous de ce qui est recommandé pour compenser une sudation abondante. Après une exposition prolongée à une forte chaleur, l’eau de coco seule ne suffit pas à reconstituer les pertes sodiques. Elle reste plus pertinente en complément d’une alimentation normalement salée.
Concombre et céleri, de vrais appuis alimentaires
Le concombre est composé de plus de 95 % d’eau et apporte du potassium. Il contribue à l’hydratation globale de la journée, mais sa teneur en sodium est quasi nulle.
Le céleri branche, lui, est l’un des légumes les plus riches en sodium et en chlorure qu’on trouve au jardin, en plus d’un bon apport en potassium. Un jus concombre-céleri a donc une vraie logique nutritionnelle pour soutenir l’hydratation par forte chaleur, même si les quantités en jeu restent modestes face à des pertes importantes.
Et l’eau de mer ?
L’eau de mer isotonique ou hypertonique buvable, souvent appelée plasma marin, est un usage bien installé en naturopathie, avec une histoire derrière elle (les travaux de René Quinton au début du XXe siècle) et un vrai intérêt : c’est une source naturelle de minéraux et d’oligo-éléments, utilisée depuis longtemps en cure de reminéralisation.
Un point mérite d’être précisé clairement, parce qu’il est parfois source de confusion : l’eau de mer vendue en complément alimentaire n’a rien à voir avec de l’eau de mer prélevée directement à la plage. Elle est filtrée et diluée pour rapprocher sa pression osmotique de celle du sang, ce qui la rend totalement différente de l’eau de mer brute. Celle-ci reste réellement dangereuse à boire telle quelle : sa concentration en sodium dépasse la capacité du rein à l’éliminer, ce qui déshydrate plutôt que d’hydrater. Cette distinction est utile à connaître, pas pour douter de la pratique elle-même, mais pour ne jamais confondre les deux.
Sur le plan réglementaire, il n’existe pas encore d’allégation de santé validée par l’EFSA sur l’eau de mer isotonique, ce qui n’empêche pas son usage traditionnel d’être documenté et pratiqué depuis plus d’un siècle. Comme pour tout produit riche en minéraux consommé régulièrement, un avis médical reste recommandé en cas d’hypertension ou d’insuffisance rénale.
Les bons réflexes à garder sous la main
Un bouillon léger fait très bien l’affaire pour apporter du sel sans forcer sur les plats. Il suffit de faire chauffer de l’eau avec un cube de bouillon maison ou une cuillère à café de bouillon en poudre, quelques rondelles de carotte ou de poireau si vous en avez, et de laisser mijoter dix minutes. On le boit tiède ou froid, ça fonctionne dans les deux cas.
Le concombre et le céleri branche ont aussi leur place sous forme de jus plutôt que de simples crudités.
Pour 2 personnes
- 1 concombre moyen
- 3 branches de céleri
- 1 pomme
- Le jus d’un demi-citron
- 8 feuilles de menthe fraîche
- Glaçons (facultatif)
Laver et couper le concombre, le céleri et la pomme en morceaux. Passer à l’extracteur en alternant les légumes et le fruit. Ajouter le jus de citron et la menthe ciselée, mélanger et servir dans l’heure qui suit l’extraction.
Deux ou trois autres pistes simples à intégrer sans y penser : une pastèque ou un melon en dessert l’après-midi, des tisanes classiques infusées puis refroidies au réfrigérateur, ou une pincée de sel dans l’eau les jours de grosse chaleur, à condition de ne pas avoir de contre-indication médicale au sel.
Et pour le sport ?
Les mêmes principes s’appliquent, avec un curseur différent. Pour un effort de moins d’une heure à intensité modérée et par temps frais, l’eau seule suffit. Au-delà de 60 à 90 minutes, ou par forte chaleur, une boisson contenant du sodium devient pertinente, l’eau de coco enrichie d’une pincée de sel peut être une option agréable pour cet usage.
Précautions
À garder en tête
- Les personnes hypertendues, insuffisantes rénales, ou sous régime sans sel strict doivent demander l’avis de leur médecin avant d’augmenter leurs apports en sodium.
- Les personnes âgées, les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes sont plus à risque de déshydratation par forte chaleur et méritent une vigilance accrue.
- Les produits à base d’eau de mer ne doivent pas être consommés sans avis médical préalable, en particulier en cas de traitement médicamenteux, d’hypertension ou d’insuffisance rénale.
- En cas de confusion, de malaise ou de peau chaude et sèche alors qu’il devrait y avoir de la sueur, il s’agit d’une urgence médicale, pas d’un simple verre d’eau à ajouter.